Il y a quelques mois, la Commission Européenne songeait déjà sérieusement à interdire Huawei de participer au déploiement de la 5G. Toutefois, elle aurait finalement accepté d’autoriser le chinois à prendre par au projet – moyennant un contrôle approfondi des actions du groupe – pour accélérer la démarche. Alors que les Etats-Unis ont désormais interdit aux entreprises américaines de collaborer avec Huawei, la question se pose à nouveau.

Seulement, une étude menée par le groupement industriel GSMA (qui regroupe 750 opérateurs et constructeurs de téléphonie dans le monde) montre que si l’Europe bannissait Huawei du déploiement de la 5G, la facture serait particulièrement salée. Nos confrères de Reuters qui ont eu accès à ce rapport, affirment qu’une telle décision impliquerait un surcoût de l’ordre de 55 milliards d’euros – qui serait alors à la charge des opérateurs télécoms européens.

En plus de ce surcoût, le rapport indique que l’Europe devrait faire face à un manque à gagner économique de l’ordre de 45 milliards d’euros à l’horizon 2024. Ce dernier serait lié principalement aux retards (estimés à 18 mois) que pourraient occasionner la décision de retirer Huawei de la liste des fournisseurs d’infrastructures pour les opérateurs européens.

Par ailleurs, on apprend que les équipementiers alternatifs à Huawei auraient du mal à s’organiser pour répondre à la forte demande des opérateurs télécoms pour déployer la 5G en Europe : Ericsson, Nokia ou encore Samsung n’auraient clairement pas la capacité d’y répondre dans un court terme. Le rapport de GSMA affirme également que le retard se ferait aussi sentir du côté des opérateurs, qui nécessiteraient un délai supplémentaire pour assurer la transition vers de nouveaux équipements.

Vos commentaires